About

Né d’un questionnement essentiel — où regarde-t-on une œuvre ? — le travail de Jérôme JULIEN explore le lieu, le contexte et la liberté du regardeur. Chaque peinture interroge la valeur accordée à l’image, au support et au geste.

Directeur enseignant de l’École d’art de Saint-Jean-de-Védas depuis septembre 2025 et titulaire du CAPES d’Arts Plastiques en 2024, Jérôme JULIEN obtient le Diplôme National d’Arts Plastiques de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2007, après une MANAA à l’ESMA Montpellier.


Genèse d’un regard

Son travail prend racine dans une expérience fondatrice : peindre les poubelles de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg.
Un geste à la fois simple et radical.

Face aux travaux d’étudiants jetés chaque année pour laisser place à la nouvelle génération, il questionne la durabilité de l’œuvre, l’estime de soi, la mémoire des gestes créatifs. Que reste-t-il d’une œuvre lorsque son contexte disparaît ? Peut-on faire du rebut un espace de révélation ?

Certaines de ces interventions existent encore, visibles par d’autres étudiants, comme une trace persistante d’une réflexion sur la valeur et l’effacement.

À cette période s’ajoutent des performances — piano et voix, installations composées de déchets — où l’atelier devient scène, et le rebut, matière poétique.


Rupture et renaissance

La confrontation avec la brutalité du déchet comme matériau l’amène à une question plus vertigineuse : à quoi bon peindre ?

S’ouvrent alors cinq années d’études d’ostéopathie, suivies de dix années de pratique en cabinet.
Une parenthèse essentielle. Un autre rapport au corps, à la structure, à l’écoute.

La résidence à Saint-Henri marque la renaissance.
Un retour viscéral à la peinture.
Dans un geste symbolique, il détruit l’une de ses toiles — acte fondateur d’un recommencement.
Les premières ventes aux enchères confirment cette résurgence : la peinture retrouve sa place, affirmée.


L’atelier de Ventabren

Installé à Nîmes, dans un mazet à Ventabren, il entre dans une période de production intense.
Colles et pigments, transparences légères, huiles mêlées aux craies sèches : la matière devient terrain d’expérimentation.

Certaines œuvres trouvent acquéreurs, d’autres demeurent, conservées, exposées dans un cercle intime.
Période féconde, traversée de doutes, mais marquée par une reconnaissance sincère.


Peinture actuelle

Depuis sa prise de fonction à l’École d’art de Saint-Jean-de-Védas, son travail connaît un nouvel élan.

Les formats se resserrent (moins d’un mètre carré).
L’acrylique domine.
Les couleurs s’intensifient : métalliques, brillantes, fluorescentes.

Le geste s’émancipe du pinceau : doigts, éponges, couteaux, projections.
Les compositions sont mises en tension, travaillées simultanément sur plusieurs toiles.
La récupération de la peinture des élèves devient un acte conscient : ne pas gaspiller, transformer l’excédent en puissance picturale.

La couleur demeure le cœur de sa recherche.
Vibratoire, conflictuelle, lumineuse.
Elle construit l’espace, elle provoque le regard.


Aujourd’hui

Jérôme JULIEN est dans un moment d’affirmation.

Désir d’exposition.
Désir de confrontation.
Désir de partage.

Il recherche activement des lieux d’exposition, des collectionneurs, des galeries et des mécènes sensibles à une peinture où la matière, le doute et la lumière dialoguent.

Sa démarche s’inscrit dans une tension constante entre disparition et persistance, récupération et éclat, fragilité et intensité.

Peindre, désormais, est une nécessité.